Le livre du mois

Chaque mois, notre groupe de lecteur·ice·s se réunit pour partager ses lectures personnelles et faire découvrir ses coups de cœur littéraires.

En parrallèle le groupe choisi un ouvrage commun afin d’échanger, partager et confronter les points de vue.

Cette lecture commune est mise à l’honneur à travers le Livre du Mois, présenté avec un résumé de l’œuvre, les avis de nos lecteur·ice·s ainsi que leurs interprétations.

📖 Livre du mois de Janvier : « Photo de groupe au bord du fleuve » d’Emmanuel Dongala

📖​ RÉSUMÉ DE L’OUVRAGE
Dans un pays africain, qu’on peut imaginer être celui de son auteur, le Congo Brazzaville, des femmes sont casseuses de cailloux. Pour construire la piste du nouvel aéroport international, la demande de pierres va augmenter et les sacs seront revendus plus cher.
Les casseuses de cailloux, qui désignent Méréana comme leur représentante, décident d’augmenter le prix du sac de cailloux.
C’est cette lutte qui nous est racontée, et à travers elle le destin de ces femmes devenues casseuses de pierre à la suite de la violence des maris, d’injustices sociales, de rejets familiaux, de viols avec naissance d’enfants.
Face au refus des acheteurs, à la violence brutale de la police, aux arrestations, à la corruption des élus, leur solidarité se renforce, avec le soutien de la population.

💬​ AVIS DU GROUPE
Le combat mené par ces femmes est présenté comme exemplaire et profondément humain. Chaque personnage est développé avec sa propre histoire et sa personnalité, ce qui rend le groupe très vivant.
Malgré la dureté des situations, le récit laisse place à la complicité, à l’humour et à une véritable force collective.
L’écriture est originale et marquante : le narrateur s’adresse directement aux femmes en utilisant « tu » et « vous », ce qui implique davantage le lecteur et renforce l’émotion. Ce choix narratif donne l’impression d’assister de près à leur combat.
Dans l’ensemble, c’est un livre fort et engagé, qui propose une réflexion poignante sur la place des femmes, la solidarité et la justice sociale en Afrique.

📖 Livre du mois de Février : « Bluebird, Bluebird » d’Attica Locke

📖​ RÉSUMÉ DE L’OUVRAGE
Larck, Texas.
Deux cadavres viennent d’être trouvés au bord du bayou, celui d’un homme noir et celui d’une femme blanche.
Le shérif local boucle rapidement l’affaire, évoquant le vol comme motif, mais le rangers Darren Mathews, lui même noir et né au Texas, vient  enquêter à son tour – et cela ne plait pas à la population locale.
Dans ce Texas ou noirs et blancs cohabitent difficilement, ou pour faire partie de la FAT (Fraternité Aryenne du Texas) il faut tuer un noir…les tensions raciales sont vives, et l’omerta est de mise.
Darren, en quête de vérité et en proie à ses démons personnels, fera preuve d’opiniâtreté pour découvrir la vérité.

💬​ AVIS DU GROUPE
Le roman est plutôt apprécié, toutefois de façon inégale.
Certain(e)s ont eu des difficultés à entrer dans le roman.
La qualité de la traduction est aussi questionnée.
Sont pointées le réalisme des descriptions, les atmosphères, notamment dans le café de Genova, avec ses habitués, sa musique (le blues), sa cuisine, ses communautés aussi.
Et cette co-habitation difficile connait aussi un mélange entre haine et amour entre noirs et blancs. 
Et Darren, qui subit lui aussi le racisme, aime toutefois ce Texas ou il est né.

📖 Livre du mois de Mars : « Tous les enfants dispersés » de Beata Umubyeyi Mairesse

📖​ RÉSUMÉ DE L’OUVRAGE
Blanche, métisse de mère rwandaise et père français, vit en France accompagnée de son fils Stokely, également métis, elle va rendre visite à sa mère, Immaculata, restée en Afrique, qui a aussi pu échapper au massacre.
La mémoire douloureuse, les non-dits refont surface. La mère, qui a durement vécu le génocide, est devenue mutique et le dialogue est très difficile entre les deux femmes.
Stokely, partagé entre ces deux cultures, essaie de trouver sa place et va réussir à établir un lien avec sa grand-mère.
Ce très beau roman parle subtilement du deuil, du metissage, de la difficulté de libérer la parole après une tragédie de cette ampleur.

💬​ AVIS DU GROUPE
Tout le monde a salué la sensibilité et la délicatesse avec lesquelles l’autrice, comme elle l’écrit, a voulu « soulever le couvercle du chagrin ».
Cette sensation est renforcée par la construction alternée des chapitres ou chacun des protagonistes nous livre ses pensées.
Les lecteurs ont surtout beaucoup apprécié la complexité des rapports familiaux ou encore de la souffrance des personnages isolés dans leur chagrin grâce à une écriture subtile.
Plusieurs passages ont été lus à voix haute pour souligner la beauté du style de l’autrice.
Ce roman a fait l’unanimité.

📖 Livre du mois d’Avril : « Le chant des revenants » de Jesmyn Ward

📖​ RÉSUMÉ DE L’OUVRAGE
Jojo a treize ans, sa mère Léonie est défaillante, son père Michael en prison. Élevé principalement par ses grands-parents, il fait office de père et mère pour sa petite sœur Kayla avec qui la relation est fusionnelle. Quand Michael doit sortir de prison, Léonie emmène ses enfants chercher leur père à l’autre bout de l’état. Dans le sud des États-Unis, les fantômes de l’esclavagisme et du racisme sont bien présents et réclament leur part de vérité.

💬​ AVIS DU GROUPE
Si tou.te.s sont d’accord pour reconnaître la qualité de l’écriture et la force des personnages, certain.e.s n’ont pas totalement adhéré à ce cocktail d’hyper-réalisme fantastique. Une lecture néanmoins mémorable.